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Après les attentats, que faire pour vivre le mieux possible ?

La tribune du mois de décembre 2015 de Philippe Rodet sur le site de Ressources Humaines, Focus RH, s’intitule : « Après les attentats, que faire pour vivre le mieux possible ? »

Dans un premier temps, les attentats accentuent le niveau de stress. Lors des attentats de janvier 2015, dans les jours qui suivirent, selon la société Celtipharm qui analyse en temps réel les ventes de 4800 pharmacies représentatives en Ile-de-France, les Français ont acheté 18,2 % de boîtes d’anxiolytiques ou d’hypnotiques de plus que d’habitude. On l’a constaté aussi avec l’augmentation du nombre de passages aux urgences pour des problèmes de stress.

Dans un second temps, le risque est de voir l’état moral des personnes s’altérer. En effet, on sait que les crises majeures, de quelque nature qu’elles soient, ont des conséquences sur le moral des personnes à retardement.
Ainsi, lors de la crise économique de 1929, c’est en 1932 qu’il y a eu le pic de suicides aux Etats-Unis. D’ailleurs, lors de la crise financière de 2008, Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS, dès le mois d’octobre alertait : « Nous ne devrions pas sous-estimer les turbulences et les conséquences probables de la crise financière. Il ne faudra pas être surpris de voir plus de personnes stressées, plus de suicides et plus de désordres mentaux ».

Mais alors, que faire pour vivre le mieux possible ?

Dans un premier temps, il est essentiel de diminuer le niveau de stress, il permettra aux personnes de vivre mieux, à celles qui étaient déjà très tendues de ne pas glisser davantage et atténuera les conséquences morales du second temps.

Pour ce faire, plusieurs moyens simples, efficaces et éprouvés sont intéressants.

– Avoir une activité physique.

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut Karolinska de Stockholm, l’activité physique augmente la production d’une enzyme dans les muscles, la PGC-1alpha. Or la PGC-1alpha favorise la production d’une molécule, la KAT (Kynurénine Amino Transférase) capable de décomposer la kynurénine, une substance dont le niveau augmente lors d’accès de stress. Et, des concentrations élevées de kynurénine ont un impact nocif sur le moral et peuvent conduire à la dépression, voire au suicide.

– Augmenter les émotions positives.

Les événements dramatiques sont générateurs d’un très grand nombre d’émotions négatives. Il est donc essentiel de faire émerger énormément d’émotions positives, plus puissantes que les émotions négatives. En outre, si l’on augmente les émotions positives, on facilitera la sécrétion d’ocytocine, une hormone qui permet de diminuer le niveau de stress et d’améliorer les relations entre les personnes. Consulter un gisement de bonnes nouvelles comme Le blog des bonnes nouvelles peut aussi être intéressant ! Souvenons-nous aussi que la gratitude et les encouragements sont des vecteurs d’émotions positives, qu’il convient d’exprimer avec une plus grande fréquence.

– Apprendre à faire la part des choses.

Dans une situation stressante, il est souvent difficile de faire la part des choses. Il est plus habituel de retenir les évènements négatifs et d’oublier rapidement les épisodes positifs de la journée. Il est alors important, le soir, de « rééduquer » notre cerveau à penser positif, par une technique très simple : avant de se coucher, prenons une feuille de papier et séparons-la en deux colonnes.
Dans la première, on note les éléments négatifs de la journée, dans l’autre, les éléments positifs. Parmi ces éléments positifs, on repère les trois les plus significatifs à nos yeux et, lorsque l’on se couche, on se force à y penser. Au fur et à mesure, on se sent mieux… Après quelques semaines, si bien sûr on le fait assidûment, on gagne en sérénité et en forme physique. Le fait d’écrire aura un impact bien plus important que si l’on se contente d’y penser.

-Renforcer le sens de sa vie.

Sur ce point, une étude menée par l’équipe du Professeur Eli Somer est intéressante car elle illustre la puissance du sens que l’on donne à sa vie. On sait que le stress aggrave l’évolution de certaines maladies. L’étude de l’équipe de Somer montre que, dans un contexte de guerre, les personnes qui agissaient (élaboration d’un abri, constitution de provisions de nourriture et/ou de médicaments, adaptation de leurs horaires de rendez-vous à la situation…) ont été victimes de « moins d’exacerbations des symptômes de la maladie que celles qui se limitaient au contrôle émotionnel avec des techniques de relaxation, du support émotionnel ou la prière ».
Tous les petits gestes qui vont renforcer le sens de la vie sont les bienvenus : aider des personnes en difficulté en raison des attentats, participer à une cérémonie de recueillement, donner son sang, allumer une bougie…

-Exprimer de l’affection.

Une étude de 2008 menée par Beate Ditzen et son équipe de l’université de Zurich montre que lorsque des personnes reçoivent beaucoup d’affection, elles ont des taux de cortisol (une hormone du stress) plus bas en raison de l’élévation du taux d’ocytocine. C’est donc le moment de prendre ceux qui nous sont chers dans nos bras et de leur exprimer ce que l’on éprouve pour eux.

– Aller marcher en famille ou avec des amis dans la nature.

C’est à l’université de Chiba, au Japon, qu’une étude a été menée et montre que la nature réduit le stress. On y apprend que lorsque des personnes passaient du temps en forêt plutôt qu’en milieu urbain, leur fréquence cardiaque, leur pression artérielle et leur taux de cortisol étaient plus bas, preuve d’une diminution du niveau de stress.

-Au niveau professionnel, encourager la bienveillance.

On sait qu’un management bienveillant diminue les effets du stress. En effet, si le collaborateur comprend à quoi il sert, s’il bénéficie d’un juste niveau de liberté d’action, s’il a des objectifs ambitieux mais réalistes, s’il bénéficie de retours positifs (gratitude, encouragements…), s’il perçoit que l’on se comporte de manière juste avec lui… on va diminuer son niveau de stress en augmentant les émotions positives au détriment des négatives.
Ce peut être aussi l’occasion d’encourager la mise en place de sentinelles, ces personnes douées d’une belle sensibilité, riches d’une grande empathie, formées à identifier un collaborateur qui traverse une phase difficile mais aussi à savoir s’adresser à lui et l’orienter… Mieux vaut alerter à temps que s’alarmer trop tard !

Faisant tout notre possible pour qu’un drame soit à l’origine de comportements humains de qualité. Si face à des actes effroyables, la cohésion de notre pays progresse grâce aux efforts de chacun, cela n’atténuera pas les conséquences de tels actes mais montrera la détermination d’un peuple à se relever, à se serrer les coudes, à entrer en résonance avec un véritable esprit de résistance.

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