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Absentéisme en Belgique : le stress en cause chez les profs de plus de 50 ans

Selon un récent rapport de la communauté française en Belgique, les enseignants âgés de plus de 50 ans connaitraient un risque accru de burn out lié au stress de la profession.

Recrudescence du stress chez les plus de 50 ans

Au sein des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les professeurs de moins de 30 ans affichent un taux d’absentéisme moins élevé que la moyenne de la population active. « Avec un taux d’absentéisme de 3,15 %, les profs de moins de trente ans sont même près de deux fois moins absents que leurs contemporains », précise Eugène Ernst, secrétaire général de la CSC-Enseignement.

En revanche, au-delà de la cinquantaine, le taux d’absentéisme chez les enseignants augmente de façon considérable, passant à 8,61 %, un taux bien plus élevé que celui de l’ensemble des travailleurs interrogés.

Bien que 36 % des absences soient causées par des maladies non graves, les raisons invoquées par les plus de 50 ans sont le plus souvent d’ordre psychologique. Ils sont en effet 35 % à dénoncer le stress comme responsable de leur incapacité à se rendre sur leur lieu de travail, les diagnostics de burn out étant de plus en plus nombreux.

En outre, les directeurs d’école ne sont pas épargnés par ce phénomène. Ils sont absents de leur poste à raison de quatre semaines par an, dont la moitié des arrêts sont prescrits pour des motifs d’épuisement professionnel. Dans son article sur le sujet, le site du magazine belge « Le vif » précise que du côté francophone, « plus un directeur est âgé, plus il aura des risques de souffrir du burn out lié au stress du métier, dont la charge administrative les détourne de leur mission éducative de base ».

Eugène Ernst ajoute que « dans ce cadre, il est important de noter que plus on allonge la carrière d’un enseignant, plus on retarde les mesures d’aménagement de fin de carrière, plus le taux d’absence des profs risque d’augmenter. Il est donc capital, pour que l’on puisse maintenir la qualité de notre enseignement, que le gouvernement fédéral prenne en compte la pénibilité du métier d’enseignant ».

En France, les enseignants sont loin d’être épargnés par le stress professionnel. Le Dr Philippe Rodet a constaté que « la dévalorisation de leur statut, les multiples réformes incohérentes entre elles, les inspections qui culpabilisent, et surtout… des classes devenant de plus en plus difficiles à gérer au fil des ans », sont autant d’aspects rendant le métier toujours plus difficile.

Les résultats d’une récente étude révélaient par ailleurs que le taux de cortisol, hormone du stress, était plus élevé chez les écoliers dont les enseignants avaient signalé un syndrome d’épuisement professionnel, que chez les autres. « Il est probable que les enseignants présentant des signes de fatigue ont plus de difficultés à répondre efficacement aux besoins des élèves et à gérer la classe. Tous ces facteurs peuvent contribuer à créer un environnement stressant pour les enfants ».

Il devient alors important d’agir, notamment en utilisant des leviers de motivation intrinsèque dans les structures éducatives.

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