Stress et Bac

4 mai 2009

stress et bac
Le Bac, on s’en souvient facilement, est généralement une source de stress importante pour le lycéen et sa famille, d’une part parce qu’il s’agit souvent du premier examen passé et d’autre part parce qu’il représente un enjeu important.

Contribuer à diminuer le stress chez le lycéen passerait à mon avis par deux niveaux d’action : 

Tout d’abord, une action en quatre points de la part des parents :

-       Encourager quotidiennement son fils ou sa fille qui passe le Bac. Souvent, les parents sont inquiets et oublient de le faire. Or, on sait grâce à une étude canadienne que les encouragements protègent du stress. « Les encouragements au travail ont un effet protecteur contre les troubles psychiatriques. A l’inverse, une absence de soutien augmenterait de 31 % et de 43 % respectivement le niveau de stress et d’anxiété chez les hommes et les femmes ».

C’est certainement ce qui faisait dire à Christian Lemoine, le Président du CRECI (Centre de Recherche et d’Etudes sur la Communication Industrielle), « les Hommes les plus applaudis sont ceux qui réussissent le mieux ».

-       Etre plus positif que cartésien. Souvent, en tant que parents, on a très peur et notre manière de gérer notre propre stress est de mettre l’accent sur les éventuelles lacunes du candidat. Il faut éviter de le faire et lui parler surtout de ses points forts. Si on doit aborder des zones de faiblesse parce que cela nous semble indispensable, il faut alors en même temps parler deux fois plus des zones de force.

-       Exprimer sa passion pour l’objectif de son enfant. Si le futur bachelier sait ce qu’il veut faire plus tard, il faut lui en parler en lui montrant que cela nous passionne. S’il s’agit d’un métier proche de celui que l’on exerce, il faut lui en vanter les avantages et attendre un peu pour aborder les éventuelles difficultés. S’il s’agit d’un métier très différent de celui que l’on exerce, il faut éviter de lui laisser percevoir nos doutes quant à l’intérêt et, au contraire, exprimer notre admiration pour les personnes qui développent cette activité.

-       Transmettre de l’optimisme. Là, il y a du travail. Et cependant, comment s’investir au maximum si l’on doute de la qualité du futur. Etre optimiste, n’est pas notre état habituel, il faut donc faire l’effort de l’être notamment par rapport à l’avenir. « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté » disait fort justement Alain. Jacqueline de Romilly me déclarait un jour « nous avons un devoir d’optimisme ». Personnellement, je considère que c’est ce qui nous permet de transformer les soucis en défis et c’est plus que le moment à quelques jours d’un grand enjeu.

Ensuite, une action en quatre points de la part du Lycéen :

-       Avoir un planning réaliste avec quelques plages « tampon ». L’absence de planning nous empêche de savoir où l’on se situe dans notre travail de révision et peut s’avérer très dangereux. Il est donc nécessaire et rassurant de se faire un  planning qui nous prouve que l’on dispose du temps nécessaire pour réussir à faire tout ce que l’on souhaite faire. Il est tout aussi indispensable de laisser des petites plages sans activité, qui nous permettront, dans le meilleur des cas, de se détendre et dans les hypothèses moins sympathiques, de rattraper un éventuel retard. Le fait de savoir que de telles plages existent est très rassurant.

-       Intégrer des moments de récupération et les optimiser : Il n’est pas souhaitable ni efficace de travailler en permanence sans jamais se détendre, on subirait un stress trop important qui viendrait altérer nos capacités intellectuelles. Il faut utiliser ces moments privilégiés pour se détendre quelle que soit l’activité, l’idéal étant bien sûr de s’adonner à une activité physique qui contribue elle aussi le plus souvent à diminuer le stress. Voir son ami ou son amie peut aussi être un bon moyen de détente, l’ocytocine libérée dans de telles circonstances contribuant à diminuer le stress. Précisons quand même qu’il ne s‘agit que de moments… et pas de journées entières.

-       Avoir un objectif à court, moyen et long terme pour diminuer la pression d’enjeu. L’objectif à court terme peut être l’obtention du Bac, celui à moyen terme la réussite de ses études et celui à long terme l’exercice de la profession qui nous intéresse le plus. C’est l’existence d’objectifs à moyen et long termes qui diminueront la pression d’enjeu par rapport à l’objectif de court terme. Or, cela est important car la pression d’enjeu est source de stress plus que de performance. Souvent, on entend dire, je ne sais pas ce que je veux faire. Eh bien, c’est peut être le moment de prendre le temps de se poser la question. Quoi qu’il en soit, il faut relativiser l’objectif à court terme et se souvenir de la belle phrase du maréchal Lyautey : « lorsque la vie des Hommes est en jeu, il faut en faire un jeu pour oublier l’enjeu ».

-       Se conserver des petits moments de plaisir :

Le plaisir est certainement le meilleur traitement du stress, on sait son influence sur les hormones du stress et sur celles susceptibles de réparer les dégâts causés par le stress. C’est certainement ce qui fait dire au Professeur Ethel Roskies, docteur en psychologie à l’Université de Montréal, « Un plaisir par jour chasse le stress ». C’est aussi ce qui explique que l’Université de Liège en Belgique explique à ses étudiants, que « les menus plaisirs sont à déguster sans modération ; ils stimulent notre production d’endorphines et contribuent à nous assurer un bien-être indispensable ».

En espérant que ces quelques lignes puissent aider certains. Bon courage et bonne chance à chacun !

Sur France Bleu, Philippe Rodet intervient sur le même thème >>

Management, motivation et… santé!

19 avril 2009

L’influence de la part de l’Homme dans la réussite des projets est admise depuis longtemps. On a considéré le management comme une source de performance importante et nombre d’acteurs ont cherché à comprendre et à utiliser les leviers de la mobilisation des êtres humains pour trouver l’ardeur qui en découle.

Dans le monde de l’entreprise, on pense facilement à Henry Ford, qui déclarait « Les deux choses les plus importantes n’apparaissent pas au bilan de l’entreprise : sa réputation et ses hommes ».

A l’échelle de la société, la célèbre phrase de John Fitzgerald Kennedy dans son discours d’investiture du 20 janvier 1961 est, elle aussi, très évocatrice : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays ».

S’il est admis que la motivation, voire l’engagement qui en découle, sont sources de performance, on imagine généralement que cela est lié à un état d’esprit des personnes favorable à la culture de l’excellence. C’est juste mais le management présente également, grâce à la motivation qu’il induit, d’autres avantages notamment en termes de santé.

La motivation débouche sur une sensation de plaisir, le plaisir que l’on éprouve quand on prend conscience que l’on est un des acteurs d’une réussite collective qui nous dépasse. L’un des neuromédiateurs impliqués dans la motivation est la dopamine, l’hormone du plaisir. Si, chez un animal, on bloque les récepteurs à dopamine par des médicaments, l’animal se laisse mourir car il n’a même plus la motivation nécessaire pour se nourrir. La dopamine est donc bien en cause. A l’inverse, si, chez l’Homme, on stimule la libération de dopamine grâce à la motivation, on associe ainsi la notion de plaisir à la source de la motivation.

Or, le plaisir, nous protège notamment des effets toxiques du stress ; une récente étude vient de montrer que le plaisir diminue la sécrétion de cortisol et d’adrénaline, deux des hormones du stress, et augmente la libération d’hormones de croissance, protectrices de l’immunité, et d’endorphines, sources de bien-être. (1)

Concrètement, la motivation provoque du plaisir et le plaisir nous protège !

C’est parce que le plaisir protège que l’Université de Liège en Belgique, conseille à ses étudiants de recourir à des petits plaisirs pour mieux résister au stress. « Ces menus plaisirs sont à déguster sans modération ; ils stimulent notre production d’endorphines et contribuent à nous assurer un bien-être indispensable ».

C’est le même principe qui fait dire à Ethel Roskies, docteur en psychologie à l’Université de Montréal : « Un plaisir par jour chasse le stress » !

On a parfois des difficultés à voir comment motiver des salariés qui exercent des fonctions peu valorisantes. L’approche des Canadiens sur ce point est intéressante car elle offre une alternative en cas de difficultés managériales. Ils considèrent que la motivation peut venir d’un investissement dans une cause d’intérêt général et encouragent ce type d’engagements à travers les fondations de leurs grandes entreprises. Ils ont le mérite d’être en harmonie avec la pensée de Hans Selye, le premier chercheur à décrire le phénomène de stress chez l’Homme. Hans Selye proposait en effet, pour diminuer la toxicité du stress, « l’altruisme égoïste ».

Cette même approche permet de bien comprendre le rôle d’une action de santé publique menée au Canada intitulée « La valise du bonheur ». L’un des outils de cette valise est de : « s’engager dans une cause d’intérêt général ».

On constate donc que le management, par la motivation qu’il génère, accroit le zèle et donc la performance. Et cette performance directe est encore amplifiée de manière indirecte par l’amélioration de l’état de santé.

1 : Lee S, Berk LS, et al. Cortisol and Catecholamine stress hormone decrease is associated with the behavior of perceptual anticipation of mirthful laughter. Résultats présentés lors du 121st Annual Meeting of the American Physiological Society (APS).

Face au stress de la crise, augmentons la motivation…

18 avril 2009

Un article paru sur le site belge « PME KMO » est consacré à une enquête réalisée en mars 2009, auprès de 2.800 employés en Belgique, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Irlande et en République tchèque. Cette enquête, demandée par OfficeTeam, une division spécialisée de Robert Half International, montre que « plus de 60% des employés actifs dans les sept pays de l’Union européenne interrogés subissent la pression liée à la récession économique ».

Pour 31% des salariés interrogés, « l’impact majeur de la récession économique sur le travail quotidien semble être l’augmentation du stress ».

« Selon l’ensemble des sondés, le meilleur moyen pour lutter contre le stress est un mélange de communication ouverte et franche (67%), de pression contrôlable au travail (35%) et de gratifications supplémentaires pour les prestations exceptionnelles (33%), qui concourent à créer un environnement de travail optimal et une plus grande motivation ».

« Une plus grande motivation… », une piste de traitement proche de celle proposée au Canada dans un article paru sur le site « Les affaires.com », le 31 janvier 2009 et intitulé « motiver ses troupes en temps de crise ».

Facteurs de protection et… motivation !

5 février 2009

protection triste solitude adolescent enfant

Un article de Katia Gagnon, journaliste à « La Presse », paru sur le portail canadien « Cyberpresse », aborde «  les facteurs de protection » à l’occcasion d’une étude à paraître du docteur Jean-Jacques Breton, pédopsychiatre à la Clinique des troubles de l’humeur de l’hôpital Rivière des Prairies.

Le docteur Breton a interrogé 283 adolescents de  sept écoles secondaires de Montréal. En comparant leurs  réponses à celles de ses jeunes patients , il en a déduit que tout comme il existe des facteurs de risque sur le plan moral, il existe des facteurs de protection.

Le docteur breton perécis : «On a beaucoup parlé des facteurs de risque dans la problématique du suicide. Mais ce qu’on a découvert, c’est qu’il y a aussi des facteurs de protection. S’il y a des facteurs de protection, le risque d’avoir des idées suicidaires diminue. Ce n’est pas magique, bien sûr, mais si on favorise ces facteurs de protection, les gens peuvent améliorer leur capacité à faire face aux événements stressants. On peut les outiller».

Parmi  les facteurs de protection avancés par le docteur Breton, on retrouve :

-          Les raisons de vivre,  la présence d’objectifs dans la vie

-          La spiritualité dans le sens d’une vie intérieure, d’une recherche de sens

-          La façon d’aborder les problèmes

-          Les habitudes de vie :  la richesse des liens sociaux…

-          Les valeurs

Il est intéressant de constater que les facteurs de protection pourraient être aussi des facteurs de motivation. En plus d’avoir une action bénéfique sur le stress, il semblerait logique que la motivation génère une action positive sur le moral.

Des bienfaits de la motivation chez les élèves…

27 mars 2008

Un article paru dans le journal belge « Le Soir » du 26 mars 2008 conclue, suite à une étude réalisée auprès de 1700 élèves sur le thème de la motivation des élèves par leurs professeurs, que les professeurs adoptant une attitude bienveillante et compréhensive à l’égard de leurs élèves stimuleraient d’avantage ceux-ci.

Professeurs Epuisés Nerveusement

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