Retour Publications

Écrire ses souvenirs d’un échec pour lutter contre le stress

Un article publié le 23 mars dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience a testé l’impact de la rédaction d’une expérience passée vécue comme un échec sur un événement stressant. L’étude a été dirigée par l’équipe de Brynne C. DiMenichi à l’Université Rutgers dans le New Jersey et permet de mieux lutter contre le stress.

Les chercheurs se sont rendu compte que face à une situation stressante, les personnes ayant écrit juste avant leurs souvenirs d’une expérience non fructueuse, leur permettait de libérer moins de cortisol, une hormone sécrétée en situation de stress.

Comment les chercheurs ont-ils réalisé cette expérience ?

Ils ont divisé les 86 participants en deux groupes pour une premier test qui durait 10 minutes. Dans le premier groupe, les participants devaient écrire sur un ordinateur à propos d’un moment difficile de leur vie où ils ont échoué. Dans le second groupe, les participants devaient résumer, toujours sur un ordinateur, le dernier film qu’ils avaient vu. Pour contrôler le rôle des émotions sur ce second groupe, les chercheurs ont analysé l’aspect émotionnel des films résumés. L’humeur associée n’a pas influencé les résultats.

Dans un second temps, les participants étaient amenés à vivre une situation stressante : il étaient questionnés par un « expert » sur leur emploi actuel, puis devaient réfléchir à leur « emploi de rêve ». Ils avaient 6 minutes pour préparer un entretien de 5 minutes pour défendre le pourquoi ils possèdent les qualités pour cet « emploi de rêve ». On leur indiquait que l’entretien serait filmé et que leur comportement serait analysé.

Pendant l’interview, le complice des chercheurs était froid et répondait de manière peu sympathique. Si les participants terminaient avant le temps imparti, le complice les informait du temps restant et leur demandait de continuer.

Une fois l’interview terminée, le complice leur demandait, en commençant par 2063, de soustraire successivement 13. S’ils se trompaient, ils devaient recommencer à 2063. Ce test durait 5 également minutes.

Écrire sur ses expériences passées d’échec pour lutter contre le stress

Les chercheurs ont examiné les effets de rédiger une expérience passée vécue comme un échec sur le niveau de cortisol face à un événement stressant. Dans le groupe contrôle, les participants exposés au test stressant témoignaient d’une augmentation de leur niveau de cortisol, ce qui était prévisible. Là où l’expérience est intéressante, c’est que les participants qui avaient préalablement écrit sur un de leurs échecs avant de vivre ce même événement stressant, avaient une réponse atténuée au niveau de leur cortisol. Ils étaient donc moins stressés !

Cette expérience suggère qu’écrire sur un échec avant de se retrouver face à un événement stressant réduirait notre réponse physiologique au stress : on libère alors moins de cortisol.

Que déduisent les chercheurs de ce constat ?

Les chercheurs concluent que ce n’est pas l’écriture en elle-même qui agirait, mais plutôt l’évaluation subjective que cette nouvelle situation stressante est moins importante que celle qu’ils ont mentionnée par écrit, ce qui amène les participants à relativiser, et ainsi à mieux lutter contre le stress.

Ce serait donc la prise de distance avec la difficulté qui réduirait le stress.

Une étude qui fait écho aux travaux de Gabriele Oettingen sur le contraste mental

Dans le plus récent ouvrage du Docteur Philippe Rodet et d’Yves Desjacques, Le management bienveillant, ils mettent en avant les travaux de Gabriele Oettingen, professeur de psychologie à l’Université de New York, qui a développé la technique du contraste mental pour lutter contre le stress. Il y a des parallèles entre ces travaux car cette dernière a développé une technique de visualisation permettant de faciliter notre réussite et de réduire nos tensions.

Comment pratiquer le contraste mental ?

Tout d’abord, on commence par prendre quelques minutes en silence et sans appareil électronique. Ensuite, on va identifier un souhait réalisable. Après cela, on prend deux minutes pour imaginer ce qui se passerait si on réalisait ce souhait, en laissant les images défiler dans notre pensée. Par la suite, également pendant deux minutes, on imagine le principal obstacle qui existe entre nous et le souhait. Enfin, on imagine et on visualise son plan d’action pour dépasser l’obstacle et obtenir le souhait.

Cette pratique a montré des résultats intéressants : moins de stress et une meilleure capacité à gérer son temps.

La prochaine fois que vous avez une réunion importante ou toute autre situation pouvant vous stresser, pensez-y, vous appréhenderez la situation avec plus de confiance !

Pour retrouver l’article original, cliquez ici (en anglais).

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.